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“Il faut faire entendre notre voix et revendiquer notre droit à un air de meilleure qualité à Bruxelles”

La campagne de démocratie participative Bruxelles pour un Air Pur entame sa seconde phase ce mois-ci. Après deux mois de collecte des problèmes de qualité de l’air à Bruxelles, la plateforme de crowdsourcing se transforme et permet désormais aux citoyens de proposer leurs solutions pour résoudre les problèmes les plus cités. Depuis le début de la campagne, des citoyens ambassadeurs se mobilisent pour faire connaître l’initiative. Geoffrey Usé, président du GRACQ-les cyclistes quotidiens, est lui-même citoyen ambassadeur de la campagne. C’est dans ce cadre que nous avons pu lui poser quelques questions. 

ECAS: Comment la pollution de l’air vous affecte-t-elle dans votre vie quotidienne ? 

Geoffrey Usé (GU): Je me déplace au quotidien à vélo et je suis donc directement confronté à la pollution émise par les véhicules. De plus, j’ai 4 enfants qui sont eux aussi directement exposés aux gaz d’échappement et aux particules fines. La santé de ma famille et la mienne est donc directement impactée. 

ECAS: Pourquoi avez-vous décidé de vous engager comme citoyen ambassadeur de Bruxelles pour un Air Pur ?

GU: J’ai décidé de m’engager pour le projet Bruxelles pour un Air Pur car j’estime que c’est un droit fondamental pour l’ensemble des citoyens de pouvoir bénéficier d’un air de qualité à l’endroit où ils vivent. Ce n’est pas parce que nous vivons en ville que la qualité de l’air doit être moins bonne, au contraire ! L’amélioration de la qualité de l’air aura un impact direct sur la qualité de vie de tous les Bruxellois.es

ECAS: Pourquoi vos concitoyens devraient-ils participer à Bruxelles pour un air pur ?

GU: Il faut faire entendre notre voix et revendiquer notre droit à un air de meilleure qualité à Bruxelles. Ces questions sont primordiales, surtout compte tenu du contexte social actuel et de l’urgence climatique. Il faut que ces questions soient prioritaires dans l’agenda des décideurs belges mais également européens. 

ECAS: Selon vous, que pourrait-on faire pour rendre l’air plus pur à Bruxelles ?

GU: Il faut agir directement sur les causes principales de pollutions de l’air en ville que sont les déplacements motorisés et l’utilisation d’énergies fossiles pour le chauffage des bâtiments. Au niveau des déplacements motorisés, il faut favoriser les déplacements par les modes actifs que sont la marche et le vélo. Il faut rationaliser l’utilisation de la voiture individuelle et développer au maximum l’utilisation de moyens de déplacements collectifs tels que les transports en commun ou le car-sharing. En ce qui concerne l’utilisation des énergies fossiles pour le chauffage des bâtiments, il faut stimuler l’utilisation des énergies renouvelables (ex : combinaison du photovoltaïque et de la pompe à chaleur) dès que c’est possible et intervenir rapidement au niveau de l’amélioration de l’isolation des bâtiments afin de faire baisser la consommation de ces énergies fossiles et ainsi diminuer les rejets de gaz de combustion dans l’air. 

ECAS: Que fait le GRACQ pour lutter contre la pollution de l’air ? 

GU: Le GRACQ a pour mission de favoriser l’utilisation du vélo comme moyen de déplacement au quotidien. Aujourd’hui, près de 50% des trajets effectués en voiture à Bruxelles font moins de 5km. Ces trajets pourraient facilement être effectués à vélo ou en transport en commun ou encore en combinant plusieurs modes de transport. Le GRACQ essaie donc d’accompagner les gens et les décideurs à changer leurs habitudes afin d’opter pour un moyen de déplacement efficace, rapide et qui permet d’améliorer la qualité de l’air à Bruxelles. 

ECAS: Selon vous, quels sont les principaux défis à relever pour réduire la pollution de l’air à Bruxelles ?

GU: Il faut aujourd’hui faire prendre conscience aux Bruxellois.es que chacun à sa manière peut avoir un impact significatif sur la qualité de l’air en ville. Il faut les informer sur les alternatives possibles et sur la nécessité de changer leurs habitudes afin qu’ils puissent profiter eux et leurs enfants d’une meilleure qualité de vie en ville. Il faut également que les décideurs politiques aient le courage de prendre des mesures fortes et ambitieuses afin de renverser la tendance actuelle. Il faut une vision politique à long terme qui possède la volonté de remettre le bien-être des gens au cœur des décisions. 

ECAS: Rencontrez-vous des résistances lorsque vous vous exprimez contre la pollution de l’air ?

GU: Il reste évidemment des personnes réticentes car si l’on veut diminuer la pollution de l’air, cela nécessite de changer certaines habitudes. Il est certain que le changement peut parfois effrayer certaines personnes mais les enjeux sont aujourd’hui tellement cruciaux que ces résistances doivent pouvoir être dépassées au profit d’une amélioration de la qualité de l’air pour tous.tes. 

ECAS: Qu’attendez-vous de Bruxelles pour un Air Pur ?

GU: J’attends de Bruxelles pour un Air Pur que les citoyens soient inventifs et ambitieux dans leurs propositions. La qualité de l’air est un enjeu crucial pour les prochaines décennies et il faut que nos décideurs s’emparent de cette question et qu’elle soit centrale dans la mise en œuvre des politiques publiques. C’est pour cela que le projet Bruxelles pour un Air Pur doit permettre de formuler des pistes de solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre. 

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